Cent ans de bouteilles, puis des cartes
Trois ans de chantier sous vingt mètres de tuffeau, deux associés du Val de Loire et une consigne : ne pas effacer une seule marque de craie.
Ce que la cave contenait encore
Quand nous avons rouvert la grille, il restait quatre cents pupitres, des casiers effondrés et une odeur de pierre humide que rien ne fait partir.
Les caveurs notaient les lots à la craie sur la paroi, avec la date et le nombre de bouteilles. Ces inscriptions sont maintenant protégées par une plaque de verre, éclairées de biais.
Le percement d'une seconde issue et la ventilation nous ont pris deux ans à eux seuls : sous vingt mètres de roche, rien ne va vite.

Deux associés
Un cuisinier de rivière et une ancienne caviste.
Trois ans
De la grille rouillée à la première soirée.
Vingt mètres
De tuffeau au-dessus de la salle.
Quatre décisions prises une fois pour toutes
On joue pour le score et pour rien d'autre : aucune mise, aucun gain, aucun compte à solder en remontant.
La carte reste courte et ligérienne, quitte à retirer un plat plutôt qu'à le remplacer.
Les marques de craie ne seront jamais repeintes, même celles qui gênent l'accrochage.
La musique reste basse : une cave de tuffeau amplifie tout, y compris les mauvaises idées.
Trois questions de visiteurs
- L'humidité abîme-t-elle les cartes ?
- Les jeux sont changés chaque saison ; c'est le seul vrai coût que la cave nous impose.
- Peut-on visiter la galerie du fond ?
- Elle reste fermée au public : elle n'est ni ventilée ni éclairée.
- Sert-on encore des bouteilles vieillies ici ?
- Non, plus une seule : nous achetons chez les caves voisines, qui font ça mieux que nous.